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Ce blog n’est pas rosicrucien, martiniste ou maçonnique, mais s'intéresse à ces trois courants initiatiques et traditionnels.

lundi 12 janvier 2015

Série Grandes figures du passé, Alexandra David-Néel.


Alexandra David-Néel, 1868-1969
La lampe de Sagesse 

Féministe et libertaire, théosophe (1) et franc-maçonne(2).

Qu’une chanteuse d’opéra devienne écrivain, voire-même journaliste, cela est concevable, mais au début du XXéme siècle, qu’elle se marginalise en étant orientaliste-tibetologue pour enfin devenir exploratrice (on disait « aventurière » à cette époque) et soit la première femme occidentale à parvenir clandestinement jusqu’à Lhassa, voilà qui sort vraiment de l’ordinaire ! Centenaire à sa disparition, elle venait tout juste de renouveler son passeport…

Qui-est-elle ?

Louise, Eugénie, Alexandrine, Marie David nait le 24 Octobre 1868 (Saint-Mandé), sous le second-empire, de l’union  d’un Instituteur protestant, Louis David, la cinquantaine passée et d’une jeune Bruxelloise, catholique fervente. Le couple se supporte sans véritablement s’entendre, vit comme deux étrangers et Madame David n’éprouve aucune tendresse pour la petite Nini qui grandit dans un milieu triste et mesquin, voire empreint de méchanceté.  Le pensionnat en sera pour elle une délivrance.

Pour ne pas alourdir la lecture, nous occultons délibérément de la déclinaison ci-dessous, la production littéraire volumineuse d’Alexandra David-Néel, préférant livrer en suite, une Bibliographie qui se veut exhaustive :
  • 1874 : Pensionnat dans une école Calviniste, à Ixelles en Belgique.
  • 1876 : Convertie (?) au Protestantisme, pensionnaire au Couvent de Blois-Fleuri.
Au cours de ces années, ses études religieuses la conduisent très rapidement vers le mysticisme et découvre - déjà – au fil de ses lectures, la philosophie orientaliste. De son propre aveu, elle se soumet à des pratiques carmélites qui endurcissent le corps (elle dort sur un lit de planches) et ouvrent l’esprit…
  • 1883 : Fugue depuis Ostende, direction l’orient : elle ira tout de même, à 15 ans, jusqu’au bord du Lac Majeur, en Italie !
  • 1886 : S’inscrit au Conservatoire Royal de Musique de Bruxelles.
  • - : Part de Bruxelles en… vélo et visite l’Espagne !
  • 1888 : Présentation à la Cour de Belgique.
  • 1889 : Premier prix de chant théâtral français.
  • - : Voyage à Londres, rencontre Mrs. Morgane de la Société Gnose Suprême et poursuit ses recherches orientalistes. Contacte (date indéterminée) à la Société théosophique de Madame Blavatsky.
  • 1890 : Retour à Paris, s’inscrit  à la Sorbonne, où elle suit les cours de l’École des Hautes-Études sur les civilisations orientales. L’ami de son père, Elisée reclus lui ouvre les portes du Musée Guimet, rencontre décisive ! Elle adhère au Bouddhisme.
  • 1891 : Premier voyage : Ceylan, l’Inde ! Aperçoit-elle les hauteurs de l’Himalaya ?
  • 1892 : 7 juin, à Adyar, elle adhère à la Société Théosophique.
  • 1893 : Rencontre avec Annie Besant.
  • 1895 : débute et poursuit sous le nom d’Alexandra Myrial, une carrière de chanteuse d’opéra à Hanoï en Indochine, où elle interprète un répertoire de première catégorie : Traviata, Lakmé, Carmen, Thaïs, etc.
  •  
  • 1897 : Retour à Paris, vit avec le pianiste Jean- Haustont.
  • 1899 : Novembre, 3 mois d’engagement à l’Opéra d’Athènes.
  • 1900 : Juillet, Opéra de Tunis. Alexandra fait la connaissance de Philippe Néel de Saint-Sauveur, Ingénieur-en-chef des Chemins de fer tunisiens..
  • 1902 : Prend la direction du Casino de Tunis et met un terme à sa carrière d’artiste lyrique.
  • 1904 : 4 Aout, mariage avec Philippe Néel (3). Depuis des années, elle poursuit parallèlement ses activités d’orientaliste, publie au Mercure de France, à La Fronde,  aux quotidiens du Soir de Bruxelles et de l’Aurore.
  • - : le 11, soit 7 jours après son mariage, part seule visiter les Alpes !
  • - : le 16, Alexandra est à Paris tandis que Philippe repart à Tunis, seul…
  • - : Le 21 décembre, mort de son père. Retour à Tunis.
Une pause pour faire le point : ce couple ne sera pas plus heureux en amour que celui de son enfance, mais les différences sont grandes, remarquables : Philippe Néel accepte une séparation « de fait », demeure un ami fidèle et sera en quelque sorte l’intendant de base-arrière des longues (jusqu’à 14 ans…) escapades de sa singulière épouse. S’ensuit et c’est ce dernier point qui est particulièrement important, une correspondance qui débute donc ce 11 août 1904 et qui ne se terminera qu’à la mort de Philippe survenue en 1941 ! Réelle complicité dans l’amitié.
  • 1905 : Donne une conférence au Congrès de la Libre-pensée, à Paris.
  • 1907 à 1910 : nombreux déplacements (Paris, Belgique, Tunis, Londres, Suisse, Rome) et intense activité littéraire.
  • 1911 : Départ de Tunis le 9 aout pour Colombo, une seconde vie va prendre naissance. Visite au siège de la Société Théosophique à Adyar, nouvelle rencontre avec Annie Besant.
  • 1912 : Rencontre le 15 avril, le XIIIéme Dalaï Lama, en visite au nord du Bengale
  • .- : Première « excursion » sur le versant nord de l’Hymalaya, puis le Népal, et Noël à Katmandou.
  • 1913 : Expédition au Sikkin, au Bhoutan.
  • 1914 : Nord Sikkin. Première rencontre avec Aphur Yongden alors âgé de 15 ans.  

  • - : Octobre, à la frontière du Tibet, elle s’installe  dans une caverne et mène une vie d’ascèse et de méditation. Elle étudie et met en pratique le Tsam, le Toumo. 

                          1914                                                      2007

  • 1915 : S’installe  à Dewa-Teng où elle va vivre 20 mois en ermite et suivre les enseignements du Gomchen de Lachem
  • 1916 : Première expédition en terre interdite en compagnie de Yongden, Shigatzé qu’elle atteint le 16 juillet.
  • - : Septembre, retour à Calcutta, visite Rangoon.
  • 1917 : visite la Malaisie, Haïphong, Saïgon, Hong-Kong, Shanghai, Kobé, puis prend la direction du Japon, Kyoto, Tokyo, Nara.
  • - : Octobre, arrivée en Chine, s’installe provisoirement à Pékin.
  • 1918 : Rencontre avec le lama Gourong Tsang et en sa compagnie et celle de Yongden, visite le monastère de Schao-Lin-Sse. Arrive le 25 juin à Sining, visite en juillet le monastère de Kumbum.
  • 1919-1920 : Kumbum, activité littéraire et monacale.
  • 1921 : le 5 janvier, départ du monastère après plus de deux ans de séjour. C’est l’épopée du voyage à Lhassa qui à lui seul, mériterait un article documenté.
  • 1922 : passage difficile des cols de Poumo et de Dze, en Aout, rarrive à Kanchow et fait halte prolongée.
  • 1923 : Départ en janvier, direction Lanchow, Chengtu qu’elle atteint le 18 juin, exténuée. Elle reprend la route le 14 juillet vers le Sud-ouest, franchit le Mékong.
  • 1924 : Février, au delà du Brahmapoutre, LHASSA !

1924

Cliché: Élodie Bernard  2013
  • 1925 : Retour en France, arrivée au Havre le 10 mai. C’est une héroïne, une célébrité ! Cycles de réceptions, de conférences, et… la Légion d’honneur.
  • 1926 et suivantes : s’installe avec son fils adoptif, Yongden,  à Toulon, aux Mazots, se voue entièrement aux travaux d’écriture.
  • 1928 : Achat d’une petite propriété à Digne, qu’elle baptise Santem-Dzong (La forteresse de la méditation) où elle installe son oratoire bouddhiste.
  • 1931 à 1936 : Voyages en Italie, Espagne, Suisse, Belgique. Tentée un temps par la Croisière-jaune organisée par André Citroën, elle renonce puis retourne en Afrique du Nord quelque temps.
  • 1937 : Prend le Transsibérien, visite Varsovie, Moscou, le Mandchourie. Les Japonais envahissent la Chine, Alexandra et Yongden arrivent au monastère de Pou-Sating.
  • 1938 : Fuite avant l’arrivée nippone, remonte  jusqu’à Ichang par voie fluviale, poursuivent jusqu’à Chengtu,  puis Tatsienlou. Elle va y demeurer 5 ans !
  • 1941 : 8 février, décès de Philippe Néel.
  • 1945 : le 27 juillet, en compagnie de Yongden, envol vers Yunnanfou (c’est leur baptême de l’aire !). Les Japonais capitulent le 15 août.
  • - : 23 septembre, envol pour Calcutta, s’y installe.
  • 1946 : Retour en France où elle atterrit le 1er Juillet, retour à Digne le 10 octobre. C’est la fin de la seconde époque, une retraite forte occupée l’y attend.
Cette troisième époque est vouée entièrement à l’écriture (voir bibliographie).


  • 1955 : Mort prématurée à 56 ans de Yongden le 7 novembre.
  • 1959 : Arrivée de la dévouée Marie-Madeleine Peyronnet, venue pour quelques jours, elle restera jusqu’à la fin (aujourd’hui encore gère la maison-musée de Digne).
  • 1961 : Cravate de Commandeur dans l’Ordre de la Légion d’Honneur.
  • 1969 : le 8 septembre, elle rend le dernier soupir, elle avait 101 ans et venait tout juste de faire renouveler son passeport !




Son caractère n’était pas facile, égocentrique même, mais sa pensée en accord avec ses actions inscrit à jamais Alexandra David-Néel au panthéon de « ces êtres d’exception et authentique que l’on rencontre peu ».

Ses cendres, mêlées à celles de Yongden, ont étés pieusement épandues sur les eaux du Gange par la fidèle Marie-Madeleine Peyronnet.

(1)  :Théosophisme d'H.P. Blavatsky. 
(2) : Selon Jackie Landraux-Valabregue, sa biographe qui, malheureusement, ne donne pas les sources. Pas davantage Jean Chalon qui écrit : « elle  court, elle galope […] chez les rose-croix comme chez les francs-maçons ». Je crains une confusion avec le 18éme degré maçonnique  au Rite Écossais International. Dans cet Ordre, elle atteindra même le 33éme.
De fait, Alexandra confirme elle-même son appartenance à la Franc-Maçonnerie (brièvement) dans le tome I de son Journal de Voyages à la page 167 de l'édition Plon de 1975.
       (3)    : Néel (Nél) et non Neel (Nil) à l’anglaise comme écrit et prononcé trop  souvent.

Sources biographiques :

- CHALON, Jean, Le Lumineux destin d’Alexandra David-Néel, Paris, Librairie Académique Perrin, 1985.
- DAVID-NÉEL, Alexandra, Journal de Voyage, 2 tomes, Paris, Plon, 1975/1976.
- MARCHAND, Joëlle-Désirée, Alexandra David-Nèel, Paris, Arthaud, 1997.

A voir :


Bibliographie : (selon Wilkipedia)
Note : les titres et noms d'éditeurs sont ceux des éditions actuelles. Pour une bibliographie plus formelle, voire savante, on se reportera au site officiel indiqué infra.
§                     1898 : Pour la vie - réflexions sur tous les faits de société (Éditions « les nuits rouges »)
§                     1909 : Le féminisme rationnel (Éditions « les nuits rouges »)
§                     1921 : Le Bouddhisme du Bouddha (Éditions du Rocher)
§                     1927 : Voyage d'une Parisienne à Lhassa (Plon)
§                     1929 : Mystiques et magiciens du Tibet (Plon)
§                     1930 : Initiations lamaïques (Pygmalion)
§                     1931 : La Vie surhumaine de Guésar de Ling : L'Iliade des Tibétains (Éditions du Rocher) - avec la collaboration du Lama Yongden
§                     1933 : Au pays des brigands-gentilshommes (Plon)
§                     1935 : Le Lama au cinq sagesses (Plon)
§                     1938 : Magie d'amour et magie noire (Plon)
§                     1939 : Le Bouddhisme : ses doctrines et ses méthodes (Éditions du Rocher)
§                     1940 : Sous des nuées d'orage (Plon)
§                     1949 : Au cœur des Himalayas : le Népal (Pygmalion)
§                     1951 : Astavakra Gita - réédité (date non connue) en un volume unique « Astavakra Gita - Avadhuta Gita, poèmes sanscrits védantins » aux Éditions du Rocher
§                     1951 : Les Enseignements secrets des bouddhistes tibétains (Pygmalion)
§                     1951 : L'Inde hier, aujourd'hui, demain
§                     1951 : L'Inde où j'ai vécu (Plon)
§                     1952 : Textes tibétains inédits (Pygmalion)
§                     1953 : Le Vieux Tibet face à la Chine nouvelle (Plon)
§                     1954 : La Puissance du néant, roman du Lama Yongden, traduit et annoté par A. D.-N. (Plon)
§                     Grammaire de la langue tibétaine parlée
§                     1958 : Avadhuta Gita - réédité (date non connue) en un volume unique « Astavakra Gita - Avadhuta Gita, poèmes sanscrits védantins » aux Éditions du Rocher
§                     1958 : la Connaissance transcendante (Pygmalion)
§                     1961 : Immortalité et réincarnation (Éditions du Rocher)
§                     1964 : Quarante siècles d'expansion chinoise (Plon)
§                     1970 : En Chine - l'Amour universel et l'Individualisme intégral (Plon) - édition posthume
§                     1972 : Sortilèges du mystère (Plon) - édition posthume
§                     1975 : Vivre au Tibet : cuisine, traditions et images (Robert Morel éditeur, Apt) - édition posthume
§                     1999 : Grand Tibet et vaste Chine (Plon), 1139 p. (ISBN 2-259-19169-X) (rassemble plusieurs de ses livres, le premier de 1921, le dernier de 1946) - édition posthume
§             2000 : Correspondance avec son mari, édition intégrale 1904-1941 (Plon), édition posthume, reprenant les deux volumes publiés précédemment :
§                    1975 : Journal de voyage : Lettres à son mari, 11 août 1904 - 27 décembre 1917. Vol. 1 (Ed. Marie-Madeleine Peyronnet)
§                    1976 : Journal de voyage : Lettres à son mari, 14 janvier 1918 - 31 décembre 1940. Vol. 2 (Ed. Marie-Madeleine Peyronnet)



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