Crédit photo : Magie du livre
Cet ouvrage, LES SOMMEILS de Jean-Baptiste Willermoz, (ou plus exactement l’Étude d’Émile Dermengheim) est paru il y a bien longtemps maintenant, en 1926, à 370 exemplaires ! L’initiative était heureuse, qui permettait au chercheur d’accéder aux textes précieux que représentent LES SOMMEILS, certes, mais aussi à diverses correspondances avec le baron de Turkheim, Joseph de Maistre, et le Prince Charles de Hesse-Cassel. L’ensemble est précédé d’une étude d’Émile Dermenghem fort précieuse quand aux indications fournies mais dont il faudra se garder de certains conclusions hâtives.
Mais que sont LES SOMMEILS ?
Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824), l’illustre figure fondatrice du Régime Écossais Rectifié est d’abord un franc-maçon qui trouve sa voie avec Martinès de Pasqually et les Élus-Cohens, s’en écartera pour partie après la mort de celui-ci en 1774, et introduira la Stricte Observance Templière en France.
Entretemps, il s’intéresse comme la plupart de ses amis lyonnais, aux vertus du magnétisme animal qu’enseigne Mesmer et adhère à la société magnétiqueLa Concorde en 1784. Il n’est pas inintéressant de signaler qu’en cette même année et dans la même cité, Cagliostro fonde la loge La Sagesse Triomphante , fait générateur de la maçonnerie égyptienne.
Entretemps, il s’intéresse comme la plupart de ses amis lyonnais, aux vertus du magnétisme animal qu’enseigne Mesmer et adhère à la société magnétique
Willermoz est un passionné, fort méticuleux, qui toute sa vie, ne « fera jamais les choses à moitié », suivant l’expression populaire. Il s’investit totalement dans les procédés de l’école psychofluidiste mis au point par Armand-Marie-Jacques de Chastenet, Marquis de Puységur (1751-1825) et utilises les services d’un médium en la personne de Jeanne-Gilberte-Rosalie Rochette (1764- ?). Ce sont les notes ou procès- verbaux de ces consultations qui vont constituer LES SOMMEILS. Ce document est toujours localisé à Lyon, il est référencé MS 5478 à la Bibliothèque Municipale (attention à ne pas confondre avec Les Cahiers de l’Agent inconnu, MS 5477).
En fait, c’est le comte de Castellas qui prend en charge Jeanne Rochette, venue en patiente et qui souffre de maux de tête, de crises convulsives. Il la soigne 6 mois durant, au cours desquels elle a des visions (principalement des anges). Elle poursuivra en… s’auto-magnétisant. Jean-Baptiste Willermoz est stupéfait, prend des notes (aidé par Jean-Jacques Millanois) du 29 mars 1784 au 12 aout 1787.
Visions, clairvoyances, accès à des espaces qu’au XXIeme siècle nous classifions de « paranormal »- notons que la profession de « somnambule-extra-lucide » sera retenue dans le Bottin de 1852 - Jeanne Rochette ne répond qu’en partie aux attentes spiritualistes de Willermoz. Épris avec déraison car toujours pressé, il s’en déprend pour se lancer tout aussi hâtivement dans la malheureuse affaire de « l’Agent Inconnu », pour un autre médium dont nous savons aujourd’hui qu’il s’agit de la sœur du magnétiseur lyonnais Alexandre de Montspey, Madame de Vallière. Notons pour l’histoire, que la nouvelle société constituée, La Société des initiés, n’acceptait que des maçons au Rite-Écossais-Rectifié.
Puisse qu'un éditeur courageux réédite ces textes !
Puisse qu'un éditeur courageux réédite ces textes !
« Ah que nous sommes insensés, nous négligeons la seule affaire qui soit nécessaire au monde pour nous livrer à toutes les autres affaires de ce monde infâme et trompeur auquel nous sacrifions tout pour nous perdre. Mon Dieu ! Quel aveuglement ! Quelle folie ! » Vision du 8 avril 1875
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