Aussi curieux que cela puisse
paraître, voici la première biographie véritablement consacrée au « Maître
de Savignies » : trop d’auteurs ne le considéraient qu’à travers
Fulcanelli, sans s’attacher à l’homme et à son œuvre personnelle, plus de
soixante années consacrées à l’alchimie que nous qualifierons pour la
circonstance, d’ancestrale, la seule qui trouvait grâce et valeur à ses yeux.
Eugène Canseliet, Philosophe hermétique, c’est le titre très
heureux qu’à donné Cédric Mannu à cette maîtrise soutenue à Paris IV-La
Sorbonne, nous livrant ainsi un travail
de grande qualité et de rigueur : jugez du peu, 460 références des
sources, des annexes et des tables, une bibliographie exhaustive !
On découvre un Eugène Canseliet
peint sans fard ni artifice, « vrai » et « charitable »,
mais dans la mesure du raisonnable car il avait aussi le culte du secret, ce
qui lui valut souvent des reproches injustifiés (car incompris). D’aucuns
prétendirent enfin qu’il servit avec ferveur une légende, un canular. Homme de cœur
et de parole assurément, cachant sa timidité sous un halo de mystère, de mystères.
Il paraissait livrer une confidence, mais très souvent, par une habile pirouette, il l’esquivait
malicieusement.
Découvrez l’alchimiste, certes,
mais aussi la sociabilité de l’homme, ses amitiés, sa propre histoire dont il
parlait peu, et le père admirable qu’il a été : sa fille Beatrix nous offre
une délicate préface, dans un style très canseliet, où chaque mot a l’importance
et la justesse qu’il faut donner pour garantir l’authentique.
Saluons l’éditeur, Arqa,
qui nous habitué lui aussi à la perfection et la rigueur dans son domaine, par
la qualité exceptionnelle de ses productions. Un bel ouvrage d’artiste ! Ce
livre, limité à 150 exemplaires, comptera assurément parmi ses chefs-d’œuvre !
Note de l’éditeur :
Qui
était vraiment Eugène Canseliet - Alchimiste et unique disciple de Fulcanelli ?
Si pour beaucoup Canseliet restera dans l’histoire de l’Alchimie comme celui
qui, en 1922, sous la direction de son Maître, opéra une transmutation de plomb
en cent vingt grammes d’or, dans l’usine à gaz de Sarcelles ; pour les autres,
les connaisseurs et les érudits, le disciple de Fulcanelli est avant tout un «
passeur », un témoin exceptionnel d’une histoire magique et d’une époque
révolue qui prend désormais ancrage dans la Belle Epoque, autour
du célèbre cabaret du Chat Noir de Rodolphe Salis et des salons huppés de
l’avenue Montaigne de la
Famille de Lesseps. Né le 18 décembre 1899, à Sarcelles,
Eugène Canseliet s’est éteint en 1982, après plus de soixante années
ininterrompues entièrement consacrées à la philosophie Hermétique, au
symbolisme Traditionnel, à l’écriture quasi quotidienne ainsi qu’à la pratique
assidue, au fourneau, de l’Alchimie ancestrale, dont il n’a cessé durant toutes
ces années de vanter la haute métaphysique. Celui que l’on nommait à la fin de
sa vie : « le Maître de Savignies » fut, sans doute, non seulement le rédacteur
privilégié de Fulcanelli pour « Le Mystère des Cathédrales » et « Les Demeures
Philosophales » mais aussi le préfacier reconnu de ces mêmes ouvrages.
Canseliet a durant toute sa vie pratiqué l’Alchimie, selon la formule
consacrée, comme une « Science de la
Vie » et écrit outre ses ouvrages de référence des centaines
d’articles sur cette pratique dans de très nombreuses revues, a également aidé
et guidé de multiples adeptes tentant le Grand Œuvre, tous alchimistes, qui
furent à bien des égards, sinon des disciples, tout au moins sa succession
philosophique, car il ne pouvait en être autrement – La Tradition Hermétique
qui est avant tout transmission se doit de laisser couler la source et
l’énergie, partout en son mystère - « si Dieu le feu ».
Canseliet, Eugène Canseliet,
Philosophe Hermétique, 1899-1982, Cédric Mannu, Arqua, 2010, 380 pages.
Éditions Arqua (et vente), c’est :
ICI (Un site remarquable par son architecture et son graphisme)